
Les voyages en train, les gens qui courent dans la gare, regardant à peine toutes ces affiches clouées aux murs, où la beauté d'une élégie côtoie des images de violence sexuelle. Le bruit de la machine qui s'ébranle sur les rails, et les enfants qui crient. Cet odeur, l'odeur des départs, des adieux, dont s'imprègne mon corps de tous ses pores, grand ouverts, comme tes yeux cette nuit. Un couple qui s'embrasse sur le bord du quai, c'est tellement cliché, mais ce n'en est pas moins beau. On les envie, on les haït, c'est comme ça. Et puis Damien qui chante dans mes oreilles qui ne se lasseront jamais de sa poésie et de son nihilisme incontrôlable, m'embarquant dans un délire de putain qui ne croit plus en l'amour, qui ne croit plus en rien d'ailleurs. A quoi bon, tout n'est qu'une foutue illusion qui me tire vers le bas quand les autres vont vers le haut. Je m'en fiche, d'être belle, de te plaire, de mourir ou de vivre, d'être quelqu'un. Je préfère être une inconnue. Après tout ça tu reviens, après tout ça tu t'excuses. Et moi aussi, je suis désolée, tellement désolée d'avoir ce coeur tout froid criblé de balles, cet air hautain et ce putain de sourire cynique. Je suis désolée que vous m'ayez flinguée de parts et d'autres de cette chose trop grande qui me sert de corps.
J'en ai plus rien à foutre. Et je danse sur un air de piano russe.